Il y a quelques semaines, nous avons proposé un petit sondage aux membres de soutien de lab-elle, concernant le design du nouvel autocollant.
La ligne graphique de l’association ayant évolué, les mascottes ayant changé, il ne restait que le petit autocollant, élément central du concept de labellisation, à adapter.
Nous avons décidé de dépersonnaliser cet autocollant. Comme désormais lab-elle a deux mascottes, nous avons voulu éviter les récriminations «les garçons se sentent exclus» si on ne mettait que la nouvelle mascotte fille, et aucune tentative de caser les deux personnages dans un rond de 5cm n’a été très concluante…
Donc nous sommes parti-e-s dans l’optique de créer un nouvel autocollant qui se voit, qui interpelle, et qui remplisse sa fonction première: attirer l’œil sur les livres labellisés!
Nous avons gardé les couleurs premières de lab-elle, qui figuraient déjà sur l’ancien autocollant: un rouge foncé et un rose bien voyant.
Nous avons aussi repris le symbole qui orne la robe de notre mascotte depuis la première heure et qui n’avait jamais dérangé jusqu’à présent: une étoile.
A lire le nombre de commentaires –la majorité bien argumentés, que je peux entendre et comprendre, quelques-uns sommairement hystériques– s’insurgeant contre ce symbole, ou doutant de la pertinence de son utilisation, il faut croire que l’utilisation d’une étoile, en tant que signe graphique fort, reste un sujet manifestement très sensible dans notre société.
L’association a décidé de tenir compte de ces nombreux doutes et réticences, et vous pourrez découvrir bientôt une autre mouture, aussi forte en terme d’impact visuel mais moins controversée.
Je voulais juste revenir sur ce sondage, à titre personnel, parce que cette avalanche de «aaargh une étoile, mais vous êtes complètement inconscients, vous pouvez pas faire ça» m’a vraiment sidéré.
Je ne vais pas m’attarder très longtemps sur les craintes d’amalgame avec l’étoile jaune nazie: notre étoile a 5 branches et elle est rose.
Oui, les nazis ont utilisés une étoile, jaune. Ils ont aussi utilisé des triangles, d’à peu près toutes les couleurs possibles. Encore heureux qu’ils n’aient pas trouvé une énième catégorie de personnes à stigmatiser, sinon les graphistes n’oseraient plus utiliser les ronds non plus.
Si quelqu’un-e veut voir dans l’utilisation d’une étoile rose à 5 branches un rappel maladroit d’un atroce événement historique, libre à lui-elle…
Concernant les commentaires alarmés par le passif «noir et rouge» de l’étoile: Oui, l’étoile peut être très facilement associée à l’imagerie révolutionnaire. Et alors…?
Lab-elle se bat pour que les enfants aient accès à des livres leur permettant de se construire une vison du monde exempte de stéréotypes sexistes, de développer leurs potentiels librement, sans être restreints par une vision étriquée des rôles dévolus à chaque sexe.
Lab-elle est révolutionnaire.
On n’aura plus besoin de mettre un autocollant «attentifs aux potentiels fémins» sur les livres d’enfants, le jour où on ne verra plus d’albums véhiculant les pires clichés sexistes; le jour où ça ne choquera plus personne qu’une fillette préfère faire des études de neurochirugienne ou conduire un poids-lourd plutôt que d’être vétérinaire ou maîtresse d’école; le jour où un petit garçon pourra mettre une jupe sans qu’on appelle un psy en hurlant; le jour où les salaires seront enfin égaux entre hommes et femmes…
Vu que ce jour semble être encore loin, autant avoir un autocollant qui se voit.